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Le portrait qui déchire la famille Grasset

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rencontre entre julien et mme de renal © Roger-Viollet

template wordpress rencontres Bernard Grasset, le fondateur des éditions du même nom, est mort dans l’opprobre et la solitude, condamné pour collaboration à la Libération. Un demi-siècle plus tard, la famille se déchire autour d’un tableau le représentant. Seule une petite-nièce souhaite le garder. Elle raconte à Gaspard Dhellemmes son vertigineux combat pour réhabiliter la mémoire d’un oncle qu’elle n’a pas connu.

des mécanismes favorisent la rencontre des cellules reproductrices C’est fou tout ce qu’on peut voir dans un tableau. Prenez ce portrait de description site de rencontres Bernard Grasset, signé synonyme de rencontre amoureuse Jacques-Émile Blanche. Première hypothèse : un homme de pouvoir, un rien avachi mais fier, foulard bien noué, mains gantées l’une sur l’autre. On se rapproche un peu et c’est un nouveau personnage qui apparaît : un enfant perdu, noyé dans son costume d’aviateur, de beaux yeux verts emplis de tristesse. En quelques coups de pinceau, le peintre avait presque tout dit : le génie et la fragilité. Bernard Grasset, monument de l’édition française, l’homme qui a révélé rencontre astrologique cevennes, idée soirée anniversaire de rencontre Radiguet et rencontre can Montherlant. Mais aussi un être tourmenté, abonné aux cures d’hydrothérapie et aux maisons de santé. Une âme sombre qui s’est parfois égarée. Ce qui nous amène à la troisième interprétation de la toile, la plus déplaisante. Avec cette large mèche brune et ces lèvres fines ourlées d’une moustache en brosse, impossible de ne pas y penser : Bernard Grasset ressemble à badoo rencontres gratuites en france Adolf Hitler. « Son sosie », diront même quelques observateurs malveillants. Et quand on lui reprochera son attitude pendant l’Occupation, son surnom sera facile à trouver : le « führer de l’édition ».

rencontre retraité Ce portrait a longtemps trôné au premier étage de la maison Grasset, rue des Saints-Pères, au cœur de Saint-Germain-des-Prés. Il est aujourd’hui caché dans l’appartement parisien de sa petite-nièce. « Je l’ai emballé, le voir tous les jours me fichait le cafard », souffle rencontre tarascon 13150 Marie Liang, dans son petit salon décoré de bouddhas en terre cuite – son mari, masseur, est chinois – et de photos de vacances. Elle apporte la toile au centre de la pièce, la dépose sur son canapé, enlève l’emballage de carton et de papier bulle. Voilà oncle Bernard bien calé entre trois coussins blancs, couvé du regard par cette ancienne comédienne de café-théâtre un peu fantasque. Le tableau est son trésor et la cause de nombreux tourments. « Je suis entrée en dépression à cause de lui. Mon avocate me répète : “Ne vous suicidez pas !” » dit-elle avec une légère affectation. Depuis trois ans, l’œuvre est l’objet d’une âpre bataille d’héritage. Les deux frères de Marie Liang, légataires comme elle, sont décidés à la vendre. Un acheteur, prêt à débourser 40 000 euros, se serait déjà manifesté. Marie, elle, veut garder la toile dans la famille. Des avocats ont été saisis. La fratrie se déchire, entre courriers comminatoires, accusations de recel et menaces de procès.

rencontre femme black en france J’ai connu Marie Liang en 2016, alors que je préparais un livre surrencontre meetic qui tourne mal François-Marie Banier. Le père de Marie, rencontre cinematographique salon provence Bernard Privat, neveu de Grasset, avait été son éditeur. Adolescente, elle avait beaucoup fréquenté le jeune romancier. « Moi aussi, je mène l’enquête sur un personnage controversé », m’avait-elle glissé. Il faudra attendre quelques mois pour qu’elle m’en dise plus. Aujourd’hui, elle me raconte dix années de travail, les heures passées aux archives, les entretiens avec les membres de la famille, les « scoops » qu’elle entend révéler. Elle pense écrire un livre : une grande enquête qui, promet-elle, réhabilitera Bernard Grasset, cet oncle condamné à la « dégradation nationale » par les tribunaux de la Libération.

bretigny sur orge rencontre Le tableau est l’étendard de cette quête un peu folle. « En vendant cette toile, mes frères veulent se débarrasser de la honte », dit cette blonde délicate. Elle picore avec mélancolie une tarte au citron meringuée. « Pour eux, Grasset n’est plus qu’un logo, ils préfèrent oublier Bernard. Ils n’acceptent pas que je veuille reprendre le flambeau. » Marie Liang a la démarche claudicante. La faute, m’informe-t-elle, à un gros œdème qu’elle traîne depuis plusieurs mois. En grec, « Œdipe » signifie « pied enflé ». Son psy le lui a assuré : le talon guérira plus tard. Quand elle aura publié son livre.

rencontres tran musicales de rennes Entre spleen et mégalomanie

belles rencontres amoureuse N’entre pas qui veut dans l’atelier deidtgvandco rencontre Jacques-Émile Blanche en ces Années folles. C’est ici, à Auteuil, que défile le gotha de la vie artistique française. Blanche est un des piliers des salons littéraires, où se retrouvent les artistes et la grande bourgeoisie. Bernard Grasset est fier de poser pour lui en 1924. Cette année-là, nombre de ses auteurs, rencontre sexe talence Paul Morand,espace rencontre oasis François Mauriac,paru vendu annonces rencontres femmes Raymond Radiguet, ont défilé sous les pinceaux du maître. Plus tôt, sites de rencontres en francais Marcel Proust a aussi été immortalisé dans un portrait resté célèbre, visage en œuf de Pâques, gardénia à la boutonnière. « Jacques-Émile Blanche était ce que l’on appellerait en anglais un “intellectual snob”, qui se piquait de connaître le Tout-Paris littéraire, explique rencontre sexe saint nazaire Jane Roberts, auteur d’une monographie sur le peintre (Jacques-Émile Blanche, éditions Gourcuff Gradenigo, 2012). Il a certainement rencontré l’éditeur grâce à François Mauriac, avec qui il était très lié. »

prostituée ernee Depuis la création de sa maison en 1907, Grasset est incontournable. Le New York Times le surnomme alors « le plus grand des éditeurs ».la mauvaise rencontre tv Gaston Gallimard et lui se partagent les prix les plus prestigieux et les meilleurs auteurs. Les rivaux, tous deux nés en 1881, sont le jour et la nuit. Gallimard est un dandy charmeur, tout en rondeur, un brin roublard. Grasset, nerveux et sec, est réputé pour son caractère entier, parfois ombrageux. Il faut l’imaginer biffant rageusement un manuscrit, le couvrant d’annotations du type : « À fouetter en place publique s’il continue d’écrire ! » Ils batailleront autour du cas Marcel Proust. Le premier tome d’À la recherche du temps perdu paraît chez Grasset en 1913. Du côté de chez Swann est publié à compte d’auteur, sans même avoir été ouvert. Le manuscrit, démesuré, raturé, hirsute, avait d’abord été refusé par la NRF de Gaston Gallimard. « C’est plein de duchesses, ce n’est pas pour nous », aurait dit ou rencontrer femme cougar André Gide, membre du comité de lecture. Gallimard se rendra vite compte de son erreur. Et redoublera d’efforts pour récupérer l’écrivain, dont il publiera le reste de l’œuvre. C’est le grand échec de la carrière de Grasset : il a laissé le plus grand écrivain français partir sans se battre.

site de rencontre gratuit avec tchatche Qu’importe, les années 1920 sont les « années Grasset ». Sous la bannière des « 4M », il publie quatre grands noms : Maurois, Mauriac, Montherlant et Morand. Le « Napoléon de l’édition », comme on le surnomme alors, vient surtout de lancer un jeune auteur de 17 ans, tunisie rencontres femmes Raymond Radiguet. Pour promouvoir Le Diable au corps, un petit film vantant le « plus jeune romancier de France » a été diffusé dans tous les cinémas de France. Bernard Grasset y gagne sa réputation d’« homme de coups ». « L’éditeur a lancé Radiguet comme une savonnette en insistant sur sa précocité, réelle, plus que sur son talent, tout aussi certain », commente l’historien prostituées sfax Jean-Yves Mollier, auteur d’Édition, presse et pouvoir en France au XXe siècle (Fayard, 2008). Il a compris qu’il fallait battre la grosse caisse de la publicité – nous dirions “faire le buzz” – pour exister. »

femme saint leu Grasset sait faire connaître des écrivains. Mais une réputation lui échappe toujours : la sienne. Dix ans après avoir signé ce portrait, Jacques-Émile Blanche l’évoque dans son journal. Le peintre, fils d’un psychiatre célèbre – un aliéniste, disait-on à l’époque –, s’inquiète pour son ami. Il parle d’une « rechute », raconte un homme « invisible, tout à son traitement déplorable de psychanalyse ». Bernard Grasset est-il devenu fou ? La question agite le monde littéraire au début des années 1930. Le grand éditeur a le spleen, entre deux bouffées mégalomanes. Chacune des lettres qu’il envoie commence par ces deux mots : « Je meurs... » Il s’assomme de barbituriques et fume trois paquets de cigarettes par jour. Il tente de goûter aux vertus relaxantes des bains de Divonne, dans le Jura. Et sur le conseil d’un jeune psychanalyste, rencontre parthenay badoo Jacques Lacan, il découvre la clinique du château de Garches, à la lisière de Saint-Cloud. Las, en 1934, l’éditeur de 53 ans doit répondre de sa santé mentale devant un tribunal. Invoquant son état, ses propres sœurs veulent l’expulser de sa maison. La manœuvre échouera, cette fois.

citation sur les rencontres virtuelles Trois lettres jamais postées

rencontre etourisme Publier sous la botte allemande ou mettre la clé sous la porte. C’est l’alternative qui se présente aux éditeurs français en juin 1940. Pour faire des livres, il faut du papier. Seuls les Allemands sont habilités à en fournir. Certaines maisons d’édition sont condamnées d’avance, comme Calmann-Lévy et Ferenczi, qualifiées de juives par les nazis et « aryanisées ». Quelques-unes, très rares, entrent en résistance. La majorité des éditeurs choisissent une politique opportuniste, faite de concessions à l’occupant. Grasset se distingue par son zèle. Il faut dire que l’éditeur, qui approche de la soixantaine, est dans le viseur de la police allemande. Il vient de publier trois livres antihitlériens. Parmi eux, Hitler et moi d’site de rencontre catho gratuit Otto Strasser, l’ennemi intime du « führer », activement recherché par la Gestapo.

rencontre paris missive Dès 1940, Bernard Grasset écrit trois lettres adressées à des sommités nazies. Trois lettres dans lesquelles il se propose d’organiser la relance de l’édition française et développe l’idée d’un « armistice de l’esprit » : une acceptation franche de la censure de l’occupant. « Je suis un Français authentique sans nul de ces alliages malsains que l’Allemagne condamne à juste titre », proclame-t-il dans une des missives. Elles deviendront, plus tard, les pièces clés du « procès Grasset » devant les tribunaux de la Libération. Curieusement, ces lettres n’ont pourtant jamais été postées. Pourquoi ? Bernard Grasset va plus loin. En 1940, il lance la collection « À la recherche de la France ». Elle doit publier les œuvres de cinq auteurs en vue auprès des nazis, dont rencontre entre nos parents Pierre Drieu la Rochelle, fasciste assumé. L’éditeur signe même le premier opus de la série, dans lequel il se livre à un éloge appuyé d’rencontre bi montreal Adolf Hitler. Cette collection est-elle créée pour amadouer la Gestapo, comme le pensent ses défenseurs ? Ou prouve-t-elle le rapprochement enthousiaste de Bernard Grasset avec les Allemands ? En ces premiers mois d’Occupation, deux évènements privés vont jouer un rôle décisif. Son bras droit de toujours, rencontre celibataire Louis Brun, est assassiné par sa femme. Ses infidélités l’ont rendue folle. Trente-deux ans d’une complicité quotidienne s’achèvent brusquement. Pour le remplacer, Bernard Grasset appelle à ses côtés un certain rencontre des lumières René Jouglet. C’est un ancien instituteur, devenu romancier, proche du parti communiste. Sait-il seulement que Jouglet lui voue une rancune tenace ? L’éditeur a refusé, à ses débuts, plusieurs de ses manuscrits. Deuxième coup de théâtre : Bernard Grasset se marie. Ce grand solitaire, qui n’aimera jamais vraiment que sa maison, épouse une femme rencontrée au hasard d’un dîner : Aymée Fausto Lamare. Elle n’est pas très belle mais ses talents de séductrice et son accent italien le font chavirer. Il l’aimera follement les premiers mois. Avant de déchanter lourdement.

rencontre cge lille À la Libération, l’heure est venue de rendre des comptes. Grasset doit répondre de son attitude devant la justice. Dans le journal issu de la résistance, Combat, il se défend comme il peut : « Je n’ai jamais cru le moindre mot de ce que j’écrivais. Je n’avais d’autre objectif que de réintégrer ma maison. J’ai écrit des blagues parce que j’avais intérêt à écrire des blagues. » À la barre de la chambre civile de la Seine, il implore les jurés de ne pas lui retirer son entreprise. « Cette maison est l’œuvre de ma vie, je vous supplie de me la rendre entière ». L’éditeur a perdu sa superbe. Sa mèche brune a blanchi. Il a le teint jaune des grands fumeurs. Son corps est secoué de tics. Le 20 mai 1948, Bernard Grasset est condamné à l’indignité nationale à vie. Sa maison est dissoute, ses biens sont confisqués. Telle est la loi de l’époque. Il faut laver l’affront de la collaboration. L’heure est à la grande purification.

rencontre femme russe nice L’éditeur est finalement amnistié par un tribunal militaire en 1953. On met en avant ses « services rendus à la littérature ». Il meurt quelques mois plus tard, seul dans une chambre d’hôtel, à Paris. Pour couvrir ses râles de douleur, le directeur de l’établissement doit mettre en marche plusieurs aspirateurs. À la même heure, à quelques pas de là, André Maurois reçoit hitler rencontre spider cochon Jean Cocteau à l’Académie française. Deux auteurs Grasset. Le lendemain, la presse évoque à peine la mort du grand éditeur. Seul Combat publie ces quelques mots : « J’aimais Bernard Grasset pour ses défauts mêmes, car ils venaient de la passion. » L’hommage est signé rencontre rugby 2010 Gaston Gallimard.

in cha allah site de rencontre Refoulé familial sous un nuage de poussière

sig rencontres Le tableau ne va pas bouger pendant des décennies. Bien accroché au premier étage de la rue des Saints-Pères, il assiste, stoïque, aux chambardements de l’après-guerre. Le neveu du fondateur, prostituées cannes Bernard Privat, a repris les rênes de la maison. Grasset échappe plusieurs fois à la banqueroute. La plupart des grands auteurs ont fui après le procès. L’éditeur à couverture jaune est vendu au groupe rencontre plus de 70 ans Hachette en 1954. Mais les difficultés financières continuent. Grasset doit fusionner en 1967 avec la maison site de rencontre gratuit le mieux Fasquelle, dirigée par forum french rencontre irc Jean-Claude Fasquelle. Les éditions Grasset deviennent rencontre saint martin guadeloupe Grasset & Fasquelle.

association aide aux prostituées Encore aujourd’hui, Jean-Claude Fasquelle, 87 ans, garde un souvenir très net de la toile de Blanche. « La première chose que je voyais en grimpant au bureau tous les matins », dit-il. Il n’a pas rechigné à voir son nom accolé à celui de l’éditeur disgracié. « Si ce que Bernard Grasset avait fait était vraiment grave, il aurait fini en prison, veut-il croire. Et puis les autres maisons, à commencer par Gallimard, n’étaient pas blanc-bleu. Au fond, personne n’avait intérêt à remuer la mélasse. » Gaston Gallimard n’a-t-il pas nommé Drieu la Rochelle à la tête de la NRF pour complaire aux nazis ? Bernard Grasset a pourtant été le seul condamné. Son effigie n’est décrochée de la rue des Saints-Pères qu’en 1981, lorsque son neveu prend sa retraite. La maison a été remise d’aplomb. Mais aucun de ses enfants ne veut prendre le relais. La dynastie Gallimard, elle, se perpétue : le petit-fils du fondateur, Antoine, est aujourd’hui à sa tête. Celle de Grasset n’aura duré que deux générations. Les secrets de famille ressurgissent parfois de façon étonnante.

rencontre grace a facebook En 2010, la femme de Bernard Privat, veuve depuis quelques années, meurt. Avec sa jolie cour classée, son appartement de la rue Dussoubs, près des grands boulevards, est rapidement revendu. Il faut débarrasser les lieux. Trier les affaires, éviter de mettre à la poubelle ce petit site rencontre fermier québec Modigliani offert à la famille par la femme de site rencontre vevey Blaise Cendrars. Dans le salon, au-dessus d’un escalier en colimaçon, Marie avise un placard, encastré à deux mètres de hauteur. Elle l’ouvre. À l’intérieur, des kilos de documents, tous relatifs au procès Grasset. Le refoulé familial apparaît sous un nuage de poussière. Pour Marie Liang, c’est une épiphanie. Elle a si peu entendu parler de Bernard Grasset. Ses parents prononçaient à peine son nom. « Bernard était un sujet tabou, dit-elle. Grasset était surtout pour nous le nom d’une marque prestigieuse, qui payait les leçons de cheval et l’entretien de la piscine de notre maison de vacances. »

site de rencontres ile maurice Marie Liang tombe d’abord sur une série d’articles racontant le procès. La même indignation se lit, quelle que soit la tendance des journaux. « Un monument d’erreurs et d’invraisemblances », pour La Croix. « Un scandaleux procès », pour la Gazette de Lausanne. « Rarement procédure ne fut entachée de plus d’irrégularités », selon La Bataille. Parcourant ces coupures de presse, elle repère un nom : naturiste rencontre Berthe Zlotykamien. La secrétaire de Bernard Grasset, juive, est venue témoigner à son procès. « Quand je fus arrêtée avec ma famille, il a fait l’impossible pour me sauver et il s’occupa aussitôt de mon fils en bas âge comme de mon jeune frère », a-t-elle expliqué. Marie Liang blêmit quand elle découvre ensuite le réquisitoire du procureur. Le procès-verbal commence par ces phrases : « Si Grasset a sauvé des vies humaines, il est d’autres familles qui ont fait plus que lui. Il ne faut pas en tenir compte. Il ne faut pas tenir compte des résistants qu’il a abrités. S’il ne fait partie d’aucun groupe, en particulier du groupe “Collaboration”, s’il a refusé de se rendre en Allemagne, avec d’autres, auprès de rencontres internationales nevers Goebbels, c’est pour mieux cacher son jeu. S’il n’y a eu dans ce procès aucun témoin à charge, c’est que nous n’en avions pas besoin. » Elle manque de s’étouffer. Vite, elle lit la déposition de Bernard Grasset. Il raconte combien l’occupant se défiait de lui. Les « interrogatoires serrés » qu’il a subis pour avoir publié Otto Strasser. Les mesures vexatoires que lui ont infligées les Allemands. Bernard Grasset a été privé de sa voiture personnelle, sa résidence principale a été réquisitionnée. Marie Liang en est convaincue : son grand-oncle a été jugé par une « cour d’injustice », comme le disaient certains journaux de l’époque.

site de rencontre en arabe Elle se jette alors sur un exemplaire d’À la recherche de la France. Cet ouvrage de Bernard Grasset, publié en 1940 dans la collection du même nom, a pesé si lourd dans sa condamnation... Elle s’attend à lire une sorte de Mein Kampf à la française. Mais les phrases qu’elle souligne au Stabilo vert relèvent plus de la farce. Exemple : « On dit que notre Henri IV avait toujours sur lui un carnet de poche, où était inscrit, en quelques chiffres, tout le budget de la France, écrit Bernard Grasset. (...) Je suis certain que le führer a un petit carnet de cette sorte. Ou quelque chose de tout proche. (...) C’est le propre, en effet, et même la définition de quiconque est fait pour gouverner, de tout ramener au simple. »

rencontre femme sfax tunisie Des fleurs bleues pour ses beaux yeux

palmashow rencontre ex Que penser de tout cela ? Disons-le, parmi ces découvertes, rien qui ne mette totalement hors de cause l’éditeur. Plutôt un faisceau d’indices battant en brèche l’idée d’un Grasset « collaborateur enragé » véhiculée après-guerre. Reste le contenu, accablant, des trois lettres. Et certains extraits d’À la recherche de la France, où il écrit son admiration pour Hitler, et sa vie « uniquement tendue vers la grandeur et l’ordre allemand ». Ou encore cette interview accordée au journal collaborationniste La Gerbe où il appelle à l’avènement d’un « ordre nouveau ». « Il est difficile d’absoudre Grasset pour certains écrits largement tendancieux, tranche l’historienrencontre metal gothique Pascal Fouché, auteur de L’Édition française sous l’Occupation (Bibliothèque de littérature française contemporaine, 1987). En allant à Vichy pour essayer de se faire nommer représentant de l’édition française, Grasset s’est mouillé plus que les autres. »

sit de rencontre en suisse Une autre lettre retient l’attention de Marie Liang. Elle a été envoyée aux juges par Otto Strasser, cet auteur antihitlérien publié par Grasset. « J’apprends avec stupéfaction le complot stalinien mis en scène par René Jouglet contre Bernard Grasset, écrit-il. Est-ce possible ? Grasset a fait preuve de courage non seulement en publiant mon livre contre Hitler mais ensuite en me couvrant. » René Jouglet, le fameux bras droit, entré tardivement au service de Grasset, est probablement celui qui a transmis les trois lettres à la police. Avec pour objectif de faire main basse sur la maison ? Cette thèse est déjà développée, documents à l’appui, dans la biographie que rencontre deutschland Jean Bothorel a consacré à Bernard Grasset (Bernard Grasset, vie et passions d’un éditeur, Grasset, 1989).

hoeveel mannen gaan naar een prostituee Marie Liang va plus loin. Parmi les documents trouvés chez sa mère, une série d’albums cartonnés : les carnets intimes de Bernard Grasset. Les ratures sont nombreuses, l’écriture est quasi illisible. Mais un nom émerge néanmoins pour expliquer ses « horribles ennuis » : celui de sa femme Aymée. Un mémoire rédigé à l’époque par les avocats de Grasset pointe ses manigances pour prendre la tête de la maison. À la fin de la guerre, Bernard Grasset était dans un état psychique déplorable. Après avoir été interné dans une clinique de Ville-d’Avray, il a même subi plusieurs séances d’électrochocs. Il a alors signé une délégation de pouvoir à Aymée pour diriger sa maison. Elle aurait ensuite tout fait pour qu’il en reste éloigné, jusqu’à alimenter ses ennuis judiciaires. Divers témoignages, dont celui de la bonne de Grasset, Odette, appuient cette version : « Madame menait depuis longtemps un jeu personnel contre son mari », dit-elle. Elle rapporte certaines phrases d’Aymée : « Je dois prendre les devants, il nous mettra tous les deux sur la paille » ou « Bernard est un monstre. »

rencontre absolument gratuite Marie Liang en est aujourd’hui certaine : « Aymée était une manipulatrice avide de pourvoir, c’est elle qui a transmis les lettres bidon qui ont conduit à la condamnation de mon oncle. » La thèse n’a rien de farfelu. Après tout, Aymée était la seule à avoir accès à toute la correspondance de Bernard Grasset. Orgueilleux, tyrannique, lui-même a passé sa vie à se défendre contre sa propre famille, sa femme comme ses sœurs. À de nombreuses reprises, ses proches ont cherché à l’évincer. Il l’a expliqué devant les juges, évoquant les « ambitions sur sa maison » qui remontent, selon lui, aux années 1930.

la rencontre pestre Lors de notre troisième rendez-vous, Marie Liang m’a confié un sac de sport rempli de pochettes cartonnées. Le résultat de ses dix ans d’enquête. Elle a hâte de voir éclater « sa vérité » sur l’affaire. En attendant, elle se rend tous les mois sur la tombe de son grand-oncle, au Père-Lachaise. « Je lui dépose des fleurs bleues, lui qui a de si beaux yeux clairs. » À la mort de sa mère, la toile est passée de mains en mains dans la famille. Marie l’a récupérée chez son frère en envoyant, avoue-t-elle, un « copain gros bras, un peu voyou ». Son obsession laisse le reste de sa famille perplexe. « Ce tableau n’a jamais compté pour nous, ma mère le trouvait sinistre et le planquait sous son lit, soupire Bruno Privat. Marie se raconte des histoires, c’est inquiétant », ajoute son frère, pour qui « il serait naturel que la toile retourne chez Grasset ». Mais cette drôle d’Antigone ne veut rien savoir. Marie Liang a fini par s’identifier à cette figure de marginal, désigné comme fou par le reste de la famille. Pour garder la toile, s’il le faut, elle ira jusqu’au procès. Sur ce tableau, elle ne voit qu’un seul visage : celui d’un grand-oncle adoré et idéal.

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